Catégories : Expertise DSIPar Commentaires fermés sur Le Cloud peut-il être éco-responsable ?

Le réchauffement climatique est l’un des enjeux majeurs auquel est confronté l’humanité toute entière et, bien que l’on en parle depuis quelques temps déjà, le dernier rapport du GIEC a souligné une urgence telle qu’on ne peut plus ignorer les conséquences plus longtemps. Les émissions de dioxyde de carbone en particulier impactent considérablement la hausse des températures mondiales.

Le numérique représente 4 % de ces émissions soit 1,5 fois plus que le transport aérien, avec une tendance à l’aggravation. On estime que les conséquences auront triplé à horizon 2025 à savoir : une consommation de 20 % de l’électricité et jusqu’à 5,5 % des émissions de carbone. Le Cloud écologique peut-il être une partie de la solution au problème ?

Comment le cloud peut-il aider les entreprises à réduire leur empreinte carbone ?

Le passage au cloud équivaut à opter pour le covoiturage ou à prendre les transports en commun plutôt que d’utiliser un véhicule personnel non électrique.

Alors que l’utilisation de ses propres serveurs nécessite non seulement du matériel et des espaces physiques, des installations mais aussi une alimentation électrique et un système de refroidissement, les applications cloud natives consomment moins d’infrastructures et d’énergie par utilisateur avec potentiellement la mutualisation des ressources… Le cloud est également d’une grande flexibilité, permettant de répondre ponctuellement à ces contraintes de performance, volumétrie, souplesse en cas de pics d’activité, ce qui ne peut pas être le cas d’un serveur en local. Le cloud favorise la dématérialisation est en cela, réduit la quantité de déchets à gérer ou à recycler et aide les entreprises à se passer de papier.

Mais si on ,’y prend garde, le cloud incite aussi à déplacer beaucoup de données, souvent loin de sa source d’origine, et même dans une logique de covoiturage, multiplier les déplacements inutiles ne sert pas forcément la cause climatique.

Le cloud écologique peut donc potentiellement permettre de réduire efficacement l’empreinte carbone sous certaines conditions cependant. Creusons donc un peu ces conditions.

Cloud écologique : première condition

Elle consiste à reconceptualiser les data centers pour optimiser leur efficacité énergétique et limiter leur dépendance aux énergies polluantes.

Microsoft est l’acteur le plus transparent (par rapport à Google et AWS) et celui qui va le plus vite, avec notamment avec son outil Microsoft Cloud for Sustainability mais aussi un objectif d’empreinte carbone négative à horizon 2030

Opter pour de l’énergie renouvelable (éolienne, solaire), acheter du matériel à haut rendement énergétique, concevoir des systèmes de refroidissement intelligents pour réduire le gaspillage, proposer des indicateurs pertinents et un suivi des consommations d’énergies… sont autant de pistes à explorer pour réduire l’empreinte carbone efficacement.

Chaque entreprise a un rôle à jouer aussi en choisissant son fournisseur Cloud en fonction de ces critères et ne pas se contenter de belles déclarations mais exiger des éléments factuels et concrets.

 

Cloud écologique : seconde condition

Elle concerne ‘l’infobésité’ : la duplication des données par sécurité, le sentiment d’une capacité infinie. La facilité de déploiement incite à stocker toujours plus d’informations (de plus en plus d’historique, des données de plus en plus détaillées).

Or, dans une société toujours plus axée sur la donnée (90 % des données ont été produites entre 2015 et 2017), son accumulation n’est pas près de se calmer. Il faut aussi dire que l’humanité n’a jamais engendré autant de données : tous les 2 jours, la population mondiale produit autant d’information qu’elle n’en a générée depuis l’aube de son existence jusqu’en 2003.

L’idéal serait de mettre à jour le Cloud d’entreprise régulièrement en supprimant les fichiers inutiles ou en double et se discipliner pour ne stocker virtuellement que le strict nécessaire, de limiter la taille des données et notamment des images. La start up française Prophesee commercialise une solution de traitement de l’image qui nécessite très peu de données. Il est aussi possible d’utiliser des outils de déduplication de données voire même, d’imposer des quotas sur la consommation des ressources ou encore, de repenser le stockage des données avec des nouvelles manière de stocker. Des chercheurs ont développé une solution qui utiliserait l’ADN synthétique…

 

Cloud écologique : troisième condition

Cette condition rejoint la troisième condition qui consisterait à piloter sa consommation numérique pour l’optimiser. Aujourd’hui on paie à l’utilisation sans vraiment de rapprochement avec l’usage réel de l’utilisateur et d’autant plus pour les pics de charge avec bien souvent des contrats surdimensionnés pour être sûr de répondre à l’exigence élevée avec potentiellement un niveau de redondance élevé.

L’outil de Microsoft a pour objectif de donner aux organisations les moyens d’atteindre leurs objectifs environnementaux.

Il est aussi possible d’opter pour un opérateur disposant de datacenter modulaire respectant les préconisations du Code of Conduct for Datacenter.

 

Passer à l’edge computing

Problème : avec l’avènement de l’IoT, les objets connectés créent et envoient toujours plus de données. Au-delà des risques de sécurité, la centralisation des données demande un effort considérable pour les machines. Elle impacte aussi grandement l’empreinte écologique de la structure.

L’edge computing revient à centraliser et traiter les données localement à l’aide de minuscules Data Centers placés à proximité des objets connectés, voire, directement dessus. La donnée n’est plus traitée de manière centrale, mais en périphérie d’où le terme « edge ». Puisque l’edge computing traite la donnée localement, il peut trier les informations et n’envoyer que les éléments importants aux terminaux.

 

Conclusion

Pour conclure, l’environnement est l’affaire de tous. Ce défi ne sera pas gagné par le seul fait des politiques gouvernementales, des actions prises par « les autres », ou par un unique secteur d’activité qu’on pointerait du doigt.

Chacun peut déjà agir à sa mesure :

  • opter pour des archives en local sur votre ordinateur ou sur un disque dur et stocker vos mails dans un PST
  • rallonger la durée de vie de vos machines
  • modifier votre façon de communiquer et utiliser le mail raisonnablement
  • éviter le streaming vidéo
  • limiter l’utilisation des moteurs de recherche parfois utilisés par facilité pour accéder à des sites déjà connus

 

Le numérique est un gros consommateur d’énergie mais le numérique peut aussi participer à la solution au problème :

  • en permettant de limiter les déplacements physiques de personnes
  • en aidant à mesurer les impacts environnementaux
  • tout en travaillant sur sa propre empreinte

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