L’adoption des pratiques FinOps, en permettant une gestion plus efficace et optimisée des coûts cloud, représente une étape importante dans la montée en maturité d’une organisation. Mais plusieurs questions se posent fréquemment : quand faut-il enclencher cette démarche ? Comment se lancer efficacement ? Nous tentons de répondre à ces différentes interrogations dans cet article.
Commencer quand tout va bien
En réalité, le meilleur moment pour commencer à se préoccuper des coûts, c’est bien avant la réception de la première facture. Dès la définition des premières architectures cloud, dès le choix des premiers services cloud ou le déploiement des premières applications, il faut intégrer autant que possible les bonnes pratiques de conception, de gouvernance et de gestion des opérations.
Certes, à ce stade, les questions d’optimisation de la consommation de services cloud peuvent sembler lointaines et secondaires, face à la pression d’une date de déploiement ou aux difficultés à réunir les compétences nécessaires au projet. Pour autant, sans se lancer trop tôt dans la mise en place d’un outillage sophistiqué ou d’une gouvernance complexe, on peut par exemple intégrer dans la conception des plateformes et des applications les bonnes pratiques d’architecture tirées des Well Architected Frameworks des cloud providers Azure et AWS.

Ensuite, reconnaître les premiers signaux
Escalade des coûts liés au cloud
Lorsque cela n’a pas été fait au démarrage, la nécessité d’adopter une démarche FinOps est généralement déclenchée par une croissance rapide et non maîtrisée des coûts cloud. Lorsque les factures commencent à surpasser les prévisions budgétaires, on n’a pas d’autre choix que de mettre les dépenses sous contrôle, ce qui nécessite d’adopter une approche plus structurée.
Complexité des services cloud
À mesure que l’usage du cloud s’intensifie et que les architectures se complexifient, la difficulté à faire des choix optimaux s’accroît. Pour un objectif technique ou métier donné, il existe une multitude de solutions possibles, compte tenu de la diversité et de l’extrême spécialisation des services et des options de configuration. Il est facile de s’y perdre et de s’engager progressivement dans une utilisation inefficace et des dépenses inutiles.
Manque de transparence et d’alignement
Quand les équipes techniques et le département financier commencent à exprimer des difficultés à comprendre les factures et à communiquer efficacement autour des coûts, le FinOps peut offrir un cadre pour améliorer la transparence et l’alignement entre acteurs concernés.
Comment se lancer dans la démarche FinOps ?
La toute première étape à respecter avant l’adoption du FinOps consiste à former et sensibiliser les acteurs concernés à l’importance et aux principes fondamentaux de cette pratique. Cela inclut la compréhension aussi fine que possible des coûts cloud, la promotion d’une culture de responsabilité et la prise de décision éclairée basée sur l’analyse de données.
Développer un cadre FinOps adapté à l’organisation est également essentiel. Cela implique la définition de rôles spécifiques (comme celui de FinOps Leader par exemple), l’identification des acteurs concernés, la mise en place de processus pour la gestion des coûts et la sélection d’outils adaptés. Il est à noter que le rôle de FinOps Leader n’est pas nécessairement dédié. Dans une organisation de taille modeste, ce rôle peut être assuré par un Architecte ou un ingénieur cloud ayant suffisemment de recul et d’influence, et exerçant d’autres responsabilités par ailleurs. Tout est une question de retour sur investissement, en rapportant le coût d’un salarié au potentiel de gains tiré de l’application de la discipline FinOps.
De même, les premiers pas peuvent s’appuyer sur les outils natifs des plateformes. Azure Pricing Calculator, Azure Cost Management, Azure Advisor, AWS Cost Explorer, AWS Budgets, AWS Cost Anomaly Detection, AWS Cost Optimization Hub et leurs équivalents sur les autres plateformes permettent de construire et d’asseoir les processus clés de mesure, d’information et de prise de décision, avant l’adoption d’outils avancés proposés des éditeurs comme Apptio, Centilytics, CloudBolt, CloudChekr, CloudZero, et bien d’autres.
L’idéal est de commencer avec un projet pilote, pour appliquer les principes FinOps à une partie limitée de l’infrastructure, par exemple une application dotée d’un cycle de vie classique, et utilisant des environnements de développement, de test et de production partiellement ou entièrement basés dans le cloud. Cela permet de se faire la main en testant différents processus, et en en mesurant l’impact avant un déploiement plus large. L’approche itérative est à privilégier pour vous aider à vous adapter et à affiner votre stratégie FinOps en fonction des résultats obtenus.
Quelques leviers d’optimisation des coûts Cloud
Le FinOps en tant que démarche, s’articule autour de la compréhension des coûts, de la transparence sur ceux-ci et de la prise de décision pour obtenir leur optimisation en continu. Pour y parvenir, il existe de nombreux leviers, peu ou prou valables sur toutes les grandes plateformes et déclinés de façon spécifique sur chacune.
– Tagging de ressources
Indépendamment des objectifs d’optimisation, le tagging (étiquettage) est en soi une bonne pratique permettant de gérer les ressources et de les associer à des workloads, des régions, des environnements, des groupes de travail ou à d’autres critères. Dans le contexte du FinOps, en fonction des règles de tagging, on peut suivre et attribuer finement la contribution de chaque projet, chaque application, chaque département, etc. à la facture globale cloud.
– Rightsizing :
L’objectif du rightsizing est d’optimiser la taille et les ressources des infrastructures cloud pour assurer une utilisation efficace tout en minimisant les coûts. Pour cela, il est nécessaire d’ajuster les ressources utilisées (capacité des serveurs, taille des instances, stockage…) en fonction des besoins réels de l’entreprise, au lieu de “surprovisionner” des ressources inutiles.
– Autoscaling :
L’autoscaling, de son côté, permet d’optimiser l’utilisation des ressources cloud en ajustant dynamiquement la capacité en fonction des besoins réels des applications. À l’inverse du rightsizing, qui implique des ajustements manuels ou semi-automatiques de la taille des ressources, l’autoscaling répond automatiquement à la demande en augmentant ou réduisant les ressources selon la charge.
– Réservations d’instances :
La réservation d’instances est un achat de ressources avec un engagement à plus ou moins long terme avec le fournisseur cloud. En échange de cet engagement sur une période allant généralement de un à trois ans, on bénéficie de tarifs significativement réduits comparés aux prix à la demande. Cela nécessite une planification rigoureuse et précise ainsi qu’une compréhension claire des besoins sur le long terme. Mais le jeu en vaut la chandelle tant les économies possibles sont importantes – en fonction des plateformes, cela peut aller jusqu’à 70 ou 80% par rapport aux prix des mêmes ressources « à la demande ».
– Automatisation :
Les opérations Cloud s’appuient très largement sur des processus automatisés. Le domaine FinOps n’échappe pas à cette tendance. Une part de plus en plus grande du travail d’optimisation est confié à des outils qui surveillent en temps réel la consommation des ressources et les dépenses, et selon les cas, activent des alertes ou déclenchent des ajustements automatiques. Cette automatisation permet non seulement de réagir encore plus rapidement aux dérives de coûts, mais également d’optimiser proactivement l’allocation des ressources en détectant des tendances, bien au-delà du franchissement de seuils d’alerte prédéfinis.
– Containers et serverless :
L’adoption de technologies comme les containers (Docker, par exemple) et les fonctions serverless s’inscrit pareillement dans une démarche FinOps. De par leur nature, les containers favorisent l’efficacité opérationnelle en réduisant les coûts d’infrastructure et en permettant une plus grande « élasticité » des applications. Les ressources sont ainsi gérées plus finement, ce qui concourt au fait de consommer que la capacité qui est vraiment nécessaire pour rendre le service désiré.

Comme aurait pu le dire un certain Otis, « il n’y a pas de bon ou de mauvais moment pour adopter une démarche FinOps ». Néanmoins, certains signaux peuvent indiquer qu’il est temps de prendre en main la gestion des dépenses IT de manière plus structurée. En suivant les étapes et stratégies évoquées, les organisations peuvent aborder le FinOps avec assurance. Cette approche ne se limite pas à l’optimisation des dépenses cloud ; elle favorise également une collaboration renforcée entre les différentes équipes techniques et entre celles-ci et leurs interlocuteurs des métiers et de la finance, menant ainsi à une agilité et une compétitivité accrue.
La mise en œuvre des principes FinOps peut s’avérer complexe, et il peut être utile de solliciter l’accompagnement d’un expert. Un partenaire spécialisé peut non seulement accélérer le processus, mais aussi aider à ne pas passer à côté de gisements d’économies.
Pour toute question et pour découvrir comment SoftFluent peut vous accompagner dans la définition et la mise en œuvre de votre stratégie FinOps, n’hésitez pas à nous contacter.


