Jeudi dernier, nous avons lancé avec quelques clients et partenaires privilégiés un cercle de partage d’expérience sur la manière dont l’Intelligence Artificielle impacte les métiers du développement et l’approche de réalisation des applications. Cet événement sera certainement un jalon majeur dans l’histoire de SoftFluent.
Pour comprendre les motivations à la création de ce club intimiste, il faut revenir aux sources de SoftFluent. Il y a plus de 20 ans, je lâchais un poste assez confortable de manager à haut potentiel au sein de Microsoft pour me lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Si ce type de sujet vous interpelle, je vous invite d’ailleurs à lire le livre de Christophe Aulnette « Le jour où j’ai quitté Bill Gates ». J’y retrouve pas mal de constats personnels qui y sont fort bien expliqués.
Étant bien plus isolé en tant qu’entrepreneur qu’au sein de mon poste chez Microsoft, et même si j’avais deux excellents associés cofondateurs, je me suis rapidement engouffré dans l’opportunité qui m’a été proposée en 2008 d’animer la commission R&D de l’Association Française des Editeurs de Logiciels, afin de m’alimenter au maximum d’expertises de terrain les plus larges possibles.
Au sein de cette commission, j’ai bien sûr tenté d’apporter quelques contributions issues de ma propre vie professionnelle, mais la principale a été de définir le cadre des échanges et de capitaliser sur l’expérience cumulée des CTO de tous les éditeurs du marché, allant de petites équipes de développement jusqu’aux grands éditeurs tels que Cegid, Isagri ou Amadeus.
Si la commission a si bien fonctionné, c’est bien sûr que j’ai eu des participants de qualité et que l’AFDEL (devenue ensuite TechInFrance et aujourd’hui intégrée à Numeum) m’y donnait accès, mais c’est aussi parce que le groupe a défini très tôt des règles simples :
- Partager uniquement des retours d’expériences concrets en première partie
- Jouer des présentations courtes insistant sur quelques apprentissages à retenir
- Interdire les discours explicitement commerciaux
- Susciter des échanges à chaud en essayant de faire intervenir tout le monde
- Autoriser les avis ou expériences divergentes et les constater
- Se rencontrer régulièrement en toute convivialité dans un format à taille humaine
- Au final, apprendre ensemble sans aucun jugement.
La semaine dernière, j’ai décidé de réappliquer cette recette au sujet le plus structurant de notre secteur, à savoir la transformation des métiers du développement avec l’avènement de l’intelligence artificielle. Il est évident pour moi que cela va bousculer le métier et la façon de travailler, mais on lit tout et n’importe quoi sur le sujet et partager les expériences de terrain reste à mon sens la meilleure façon de faire un tri intelligent. Comme disait Coluche : « Quand on voit ce qu’on voit, puis qu’on entend ce qu’on entend, eh bien on a raison de penser ce qu’on pense ! ».
Pour initier cela, j’ai pris le pari de mobiliser quelques clients et partenaires privilégiés que j’ai motivé à venir en les appelant personnellement. Je remercie tous ceux qui sont venus mais particulièrement Sylvain Cailliau pour sa présentation jouée malgré un timing serré avec Vivatech et Nicolas Chabanoles que je ferai intervenir plus formellement lors d’un prochain rendez-vous. Je remercie aussi les SoftFluentees Xavier Ardisson et Etienne Begou qui ont partagé de manière très transparente des expériences personnelles décisives, qui ont d’ailleurs contribué à forger ma propre vision des impacts concrets de l’IA sur nos métiers.
Pour moi, ce lancement est donc un succès au-delà de mes espérances car :
- L’intérêt évoqué initialement au téléphone est réel, avec un taux de chute inférieur à 15%, ce qui est notable dans le calendrier extrêmement chargé de juin,
- Tous les participants sont ressortis en étant très contents de leur matinée et en demandant quand aurait lieu la prochaine,
- Certains ont même demandé à ce que cela soit un peu plus long pour creuser encore,
- Plusieurs personnes qui ne pouvaient pas se rendre disponibles m’ont déjà demandé de ne pas les oublier pour la prochaine édition,
- Les enseignements confirmés et repris ci-dessous confirment l’énorme potentiel de progrès à fonctionner en innovation ouverte et partagée,
- Et cerise sur le gâteau, nous avons tous passé un moment agréable et utile dans un lieu sympathique avec les quelques croissants et le café nécessaires pour se réveiller.
Évidemment, je ne vais pas trahir la règle de confidentialité du cercle. Mais voici trois prises de conscience collectives qui ont émergé, et que je peux partager sans citer personne :
- La maturité réelle des équipes est plus faible que ce que laissent croire les communications publiques. Même chez des acteurs réputés avancés, l’adoption se fait souvent par essai/erreur, sans méthode établie, ce qui est logique du fait des changements très rapides et de la combinatoire d’approches quasi illimitée avec l’IA.
- Les retours sur investissement réels ne sont pas là où on les attendait. Ce ne sont pas les gains de vitesse qui marquent les équipes, mais les changements de nature du travail… et la qualité produite à temps constant.
- La place de l’humain et de l’ingénieur s’en trouve renforcée, pas affaiblie. Tous les participants l’ont confirmé à leur manière : l’IA démultiplie autant la compétence que l’ignorance. La séniorité technique n’a jamais autant compté.
Nous allons donc remettre cela pour approfondir ces constats et continuer à avancer ensemble. Si vous êtes intéressé par un prochain rendez-vous et que vous souhaiteriez pouvoir y participer, n’hésitez pas à nous contacter. La volonté est de garder le cercle restreint aux clients de SoftFluent, mais au besoin, on trouvera un moyen de vous aider à le devenir 😊.

